Par Clara Lessard-Deschênes, Sandrine Vallée-Ouimet et Emmanuelle Bernheim

Les constats présentés dans le texte Femmes, psychiatrie et violences sexistes appellent à une réflexion collective sur la manière de transformer à la fois les réponses des institutions de santé et les politiques sociales, afin de cesser de reproduire les inégalités et de répondre réellement aux besoins des femmes. Derrière chaque diagnostic psychiatrique se cachent des histoires de vie, des expériences de violence, mais aussi de résistance. Pour comprendre et soutenir la santé mentale des femmes, il faut agir sur plusieurs plans : institutionnel, social et collectif. La littérature sur le sujet propose différentes pistes à considérer : 

  • Renouvellement des pratiques institutionnelles : accueillir sans juger, manifester une plus grande écoute, de l’empathie et de la bienveillance 
  • Reconnaître les savoirs situés : reconnaître la légitimité des savoirs expérientiels des femmes et les considérer, au même titre que les savoirs professionnels, lors de l’élaboration des politiques publiques ou de santé.
  • Valoriser les ressources communautaires et féministes : maisons d’hébergement, groupes de soutien, lignes d’écoute, organismes en défense des droits. Ces espaces offrent une aide flexible, moins normative et souvent plus sécurisante.
  • Agir collectivement : désindividualiser la souffrance des femmes par des actions sociales telles que l’accès à des logements abordables, des services juridiques, des garderies accessibles, des possibilités d’emplois et des milieux de travail plus égalitaires. 

Semer le changement à mon échelle, dès maintenant. (Inspiré des actions de ONU Femmes : «Passez à l’action: 10 manières d’agir pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes»)

  • Écouter et croire les survivantes.
  • Nommer et dénoncer les violences et refuser les blagues ou propos qui banalisent la souffrance ou les diagnostics.
  • S’informer sur le consentement, les signes d’abus et comment aider.
  • Orienter vers des ressources féministes, communautaires et de pairs 
  • Agir dans nos milieux (famille, école, travail) pour réduire les inégalités et soutenir celles qui demandent de l’aide.
  • Exiger des services adaptés aux femmes et davantage de données pour cerner l’étendue du problème
  • S’opposer à la culture du viol (par exemple, résister aux blagues sexistes ou remettre en question les stéréotypes associés au genre). 
  • Participer au financement des organisations de femmes