Je viens d’apprendre que le gouvernement du Québec « lance une campagne de sensibilisation sur la santé mentale », visant à « éliminer la stigmatisation et la discrimination ». Jusqu’au 17 novembre 2012, le Gouvernement diffusera des messages à la radio, à la télévision et sur Internet ainsi que des affiches dans les établissements de santé.

Bonne idée! Il y a beaucoup à faire de ce côté. Lisant le communiqué, je m’interroge toutefois sur le message qui nous sera transmis. La dépression est trop souvent associée à « une faiblesse personnelle plutôt qu’à une vraie maladie », « décourageant les personnes atteintes à demander de l’aide », affirme le nouveau ministre de la Santé et des Services sociaux, le Dr Réjean Hébert.

Je suis d’accord avec le début de son énoncé : dans nos sociétés de consommation, d’individualisme et d’efficacité à tout prix, être en dépression, c’est être faible. Toutefois, je suis en désaccord avec la suite, et la question mérite d’être posée : la dépression est-elle une « vraie maladie », c’est-à-dire une maladie comme les autres? La considérer comme telle, c’est médicaliser quantités de situations qui n’ont rien à voir avec une condition relevant de la médecine, mais plutôt de meilleures conditions de vie (logement, travail, soutien social…). Quant aux personnes qui ne demandent pas d’aide… effectivement, elles son nombreuses, le fait est connu. Mais nombreuses aussi sont celles qui ne réussissent pas à trouver une aide adéquate (accueil, écoute, temps…), qui réponde à leurs besoins. Cela, nous l’avons documenté au sujet des femmes plus démunies que sont les participantes de nos groupes membres.

Dans cette recherche, nous avons soulevé le problème de la confusion persistante entre santé mentale et maladie mentale, ce qui semble être le cas dans le communiqué. La santé mentale renvoie le plus souvent à la maladie, c’est bizarre, non?

Et si la maladie mentale n’existait pas? Provocante cette question? Pas aussi « folle » qu’on pourrait le croire. Dans les prochains billets, j’aimerais engager une discussion sur la « maladie mentale » en général et sur le diagnostic en particulier.